Un chène déraciné

 

          de J P Delory : A sa mémoire

 

                            Doté d'une vive intelligence, d'un caractère affirmé, cet homme ambitieux,

         volontaire et besogneux était bien ancré dans son village. Passionné par la ruralité,

         cultivant le culte des amis et les liens familiaux, sa simplicité et sa disponibilité l'ont toujours

         tenu proche de ses administrés . Bernard avait un " gros coeur " .

                             Voici en quelques mots résumées les qualités premières de ce personnage hors du 

         commun, qui ne laissait personne indifèrent et qui m'a impressionné.

 

                              Je ne réalise pas une biographie de Bernard Galliot, je décris simplement

         l'image et le souvenir encore vivace d'un homme que j'ai côtoyé une bonne dizaine d'années .

 

                               Cet expert comptable, enfant d'un petit village de la Somme, son Breilly qu'il adorait,

         avait dèja créé son cabinet de comptabilité et d'expert comptable et avait ses collaborateurs quand

         il " entra en politique " . Elu maire en 1971, il prit la succession de Mr Sailly . Dés lors il n'eut de cesse

         de faire progresser les choses , tant sur le plan local que cantonal, puis départemental.

                              Mes premiers contacts avec lui datent de 1977, c'est quand fraichement élu au conseil

         municipal de Picquigny ( sur une liste qui a battu la liste en place depuis 24 ans ), j'étais adjoint au

         maire, et nous étions aussi novices que surpris d'être propulsés à la tète de la commune. Nous

         avons donc, maire et adjoints , sollicités les conseils de Bernard Galliot qui nous a expliqué le

         fonctionnement d'un conseil municipal, sans nous cacher les difficultés et l'accaparence de la fonction.

                               Bernard était un meneur d'hommes, il entrainait, ramenant à sa cause les indécis,

         mème ceux qui n'avaient pas les mêmes options politiques.

                               Je me souviens des jeux inter-villages qu'il a créés, auxquels 6 communes  s'affrontaient

         dans des jeux pendant 2 journées, leurs succès était énorme . Il  était  la cheville ouvrière ,

         organisateur, participant, donnant de sa personne pour défendre les couleurs de son village en jouant

         au foot-ball, au tir à la corde, etc. . Je le vois encore aider farouchement son petit garçon qui faisait

        une course de vélo-cross .

                                Ayant remporté le poste de Conseiller Général, il brigua la présidence du SIVOM,

         l'important syndicat de communes du canton qui s'occupait de la voirie et du ramassage des ordures

         ménagères. C'est à cette époque que j'ai commencé à travailler avec lui. Au cours d'une réunion

         préparatoire à la formation du bureau, il s'approche  de moi et me dit : " Jean Pierre je vais prendre la

         présidence, est-ce que tu veux être mon vice président ?, mais attention tu auras du travail ! ".  A la

         fois surpris et honoré je lui répondis, "écoute Bernard si tu crois que je peux t'aider, tu peux compter 

         sur moi " . Et c'est pour cela, qu'après son décès, élu par le comité j'ai pris sa succession pour

         continuer son action.

                                  Il faut que j'occupe le terrain déclarait-il ! , ainsi il prenait la direction de divers

         organismes ou sociétés, s'entourant de vice-présidents disponibles à qui il demandait beaucoup.

         Il n'acceptait pas la médiocrité ou les erreurs, car là dans les yeux, sèchement il vous le faisait

         savoir. Par contre, si une erreur, par exemple,  mettait en difficulté son collaborateur ( comme ça

         m'est arrivé ) il le défendait fermement et assumait totalement cette erreur .

                                    Bernard avait de sacrées capacités, son emploi du temps extrêmement chargé faisait

         qu'il ne pouvait être partout, ses adjoints, comme il l'avait demandé faisaient une partie du boulot

         en lui rendant compte naturellement, il savait tout. Avec une réunion préparatoire, comptes et

         délibérations à prendre étaient enregistrés , mémorisés, l'amenant à présider de main de maitre

         une assemblée générale expliquant les dossiers, répondant aux questions .

                                      La fête du 1er mai à Breilly, devenue incontournable à cette époque, amenait des

         milliers de personnes, elle était rehaussée par la présence des édiles départementales, Bernard se

         réjouissait de mettre en valeur son village. Comme la commémoration des combats de juin 1940 au

         monument dédié au 60ème R I  qui revêtait un caractère important, avec ses discours toujours aussi

         poignants.

                                       La présidence des maires ruraux de la Somme a constitué pour lui une étape

         importante, il se dirigeait vers de plus hautes destinées, peut-être nationales. Bernard pensait

         sérieusement aux élections sénatoriales, il voulait " les faire bouger la-haut ", n'ayant pas la langue

         de bois il devenait un sérieux concurrent pour les élus en place, il s'attaquait à gros .

                                       Son décès aussi subit que surprenant  accompagné par son petit garçon, ajoutant

         ainsi à l'horreur est inexplicable pour beaucoup. Un dessein prometteur est anéanti, un vide s'est créé

         et il reste une amère impression d'inachevé .

                                       Il fallait que je parle de Bernard Galliot, le temps passe, je veux qu'on  se

                                       souvienne de lui .

 

                                       Pour sa mémoire,   pour un homme qui a marqué son époque et les esprits,

                                       pour la famille pour laquelle j'ai une pensée particulière .

        

        

bern-bur-2.jpg


 

 

 

fiche-bern_.jpg

 

________________________________

 

En 1986, lors de la remise de maillots à la belle équipe cycliste SAMARA U C . Le sponsor est RiCHARD Matériaux

Sur la photo avec Bernard GALLIOT, à gauchePierre LESOBRE adjoint, Ronald HEDIN conseiller, accroupi André SEHET maire de La Chaussée,

à droite Cyril DEJONCKERE maire de St Pierre, Jean HERVY maire de Picquigny et J P DELORY adjoint à Picquigny

Img034

Les coureurs : accroupis de g. à dr. :CHOVAUX , SOYER , Marcel TABART , BULANT . Johan LENNE,

debouts : Philippe ERMENAULT( futur champion ) , .....................Olivier HERVY ,................., José BULANT , .................., BULANT

 

                                                                                                                                           _________________________________________

 

      Une rue de Breilly porte son nom       

 

 

 

                                     

                                     

        

                                                               Une aile de la maison de retraite lui est dédiée                                            

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site